Je me lève. Je plie la tente humide en chauffant l'eau pour le petit dèj. Beaucoup de rosée.

Une rude journée m'attend. Je suis bien décidé à aller voir ces crêtes ! Même si je me sens bien seul pour cela...

Je « gravis » un bout du GR105 puis dans un coude, vers 1700m, j'aperçois le balisage de peinture orange qui indique le sentier pour le Pic de Lia (2770m).

Le sentier là-haut passe à 2740m. Cela me promet 1000m de dénivelé, un peu plus de 3 heures de montée. J'y vais. Le sentier n'est pas très clair. Il se mêle aux sentes des vaches... La personne qui a balisé avait apparemment peu de peinture. Quelques cairns... Je me perds peut-être ? Vers 2300m je ne sais plus vers où aller. Monter à vue ? Ma motivation en prends un coup : et si je montais là-haut pour rien ? Je grignote des fruits secs. J'observe ma carte et ma photocopie de cette partie d'itinéraire. Je cogite. Si je redescends je dois passer par le port d'Ourdissetou puis me taper 11 km de pistes et 5 km de la route nationale qui mène au tunnel de Bielsa pour récupérer le sentier de la vallée de Barrosa ! Ce que j'ai voulu éviter hier en passant par ici. Dilemme... Je monte encore un peu. Pas de cairns. Le tracé sur ma carte prévoit une bonne journée de marche sur la crête avec quelques possibilités de redescente sur des vallées en cas de mauvais temps...

En désespoir de cause je laisse tomber. Je décide de redescendre. (Pas de photo de cette recherche : j'ai du mal à penser photo quand je suis seul et pas serein.)

Il va falloir revenir un jour, mais pas seul pour « explorer » cette voie. Avec Lionel. Aujourd'hui avec Topopirineos (et un GPS) je vois qu'il y a des itinéraires qui longent grosso modo ces hauteurs.

Je coupe hors sentier et dévale en direction du GR105 le moral au plus bas.

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Je piétine en direction du port d'Ourdissetou (2403m). J'ai un coup de pompe. La fringale ?Le truc des coureurs cyclistes. Faut manger ! Je m'arrête près d'une source. J'aime voir l'eau claire couler surtout quand j'ai chaud. Je bois, je me mouille. Je remplis ma gourde. Je mange de la pâte d'amandes et des fruits secs.

Un groupe accompagné par un guide arrive et se pose quelques mètres plus haut.

Je repars et je m'arrête à leur niveau.

Je parle au guide de ce sentier là-haut. Pour lui ce chemin de crête existe mais n'est pas évident. Je suis à plat. Oui, à la montagne il y a des hauts et des bas. Il faut voir le bon côté.

Il me propose de suivre tranquillement son groupe pour me requinquer. Je le remercie.

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GR11 et barrage du lac de Urdiceto

La forme revient. Faut pas se laisser abattre. Je reprends mon rythme. Je pars devant et les laisse. 12H30, je les attends au col pour remercier le guide. Il me dit « qu'à la station service de Parzan on y mange très bien. Que cela fait du bien au moral. » Un guide cela sert aussi à ça.

 Je rejoins le GR11 et les 11 kms de piste poussiéreuse. Au bout d'une heure je trouve un coin d'ombre. Je mange fromage et saucisson. Le paysage sauvage est magnifique.

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Un 4x4 surgit de nul part me prend en stop sur les 3 derniers kilomètres. Un couple de retraités de Barcelone. Ado, l'homme venait dans le coin en colo.

J'arrive sur l'A138, j'ai à 3 km au sud Parzan et sa station service, au nord à 5 km l'entrée de la vallée de Barrosa. Pas envie de faire l'aller retour sur Parzan, jai le temps de progresser encore. Je dis adieu salades, côtelettes, patatas fritas et je marche le long de la « nationale » plein nord en direction du tunnel de Bielsa. Je tente un peu le stop mais je ferai mes 5 kms à pieds... Sans eau. Je fais une pause à l'ancienne douane face au barranco Trigoniero. Un sentier qui mène au port de Moudang part de là. C'est bon à savoir. Un groupe d'Allemands en combi et baudrier se déséquipe. Ils ont descendu le barranco. Je poursuis ma route sur 800m et je tombe sur la piste qui conduit à la vallée de Barrosa.

 Vestige de l’exploitation minière dans la région du cirque

Très vite je suis sur un sentier qui accompagne le rio Barrosa. Cette vallée est une pure merveille. Ma fatigue s'envole. Le moral revient au galop. De l'eau ruisselle partout. Des sources. Le paysage est sublime.

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Au bout de quelques kms je cherche un coin plat pour dresser la tente. Le ciel n'est pas net. C'est à ce moment que surgit un chien puis son maître. Il m'indique que 2 km plus loin se tient le refuge non gardé de Barrosa (1745m). Qu'il a été refait à neuf.

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Il est clean en effet. Tables, sièges, poêle à bois, balais, scie, 10 personnes peuvent y dormir sur deux étages...

A propos de sa rénovation : http://cirquedebarrosa.free.fr/cabanebarrosa.htm

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Vallée merveilleuse, douche dans le torrent, refuge, paysage, me regonfle le moral. La météo depuis Arties est bonne. Les nuits jusqu'ici sont froides et humides. Mais je n'en ai pas souffert. Les taons m'aiment un peu trop... Le port de Barroude/Barrosa est à 2534m.

Demain matin je suis en France.


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